Faire cours, après les attentats…

Petit article, suite aux évènements de ce week-end. Je vais un peu parler de mon cas, face à mes élèves et en dehors de ça.

prayforparis

J’avais, ce jour, 6 heures de cours, 1 h avec des CAP qui partent en stage la semaine prochaine, 1 h avec une de mes secondes Pro et 4 heures avec l’autre partie de mes secondes pro. Dont 2 contrôles de prévus.

Ce matin, la première classe devant partir en stage a refusé de faire son contrôle sous prétexte de parler des évènements. J’ai annoncé que ce dernier, prévu de longue date, serait fait et qu’il serait possible de parler après, que je n’étais pas fermé à cela, mais qu’une évaluation avant les vacances de Noël, ce serait inutile. Le contrôle a été fait, au moment de parler, rien n’est sorti et ils ont préféré faire les zouaves. Les évènements servaient de raisons pour ne pas travailler.

Seconde classe, second contrôle, qui n’ont trop rien dit pour repousser, j’ai annoncé la même chose, on pourra parler après plutôt que de passer au cours s’ils le souhaitent.
Le contrôle fait, les élèves ont alors parlé :

« -Mme, on va à Dijon la semaine prochaine ? »
« – Mme, on ira quand même à Paris en mars ? »

Les voyages, je ne sais pas, théoriquement Dijon c’est faisable, c’est après le 22 date d’interdiction de tous les voyages et sorties scolaires. Paris, c’était déjà problématique avant avec le plan vigipirate, la ça risque d’être pire encore et j’ai déjà une élève qui m’a dit que « Mon papa ne veut pas que j’aille à Paris ».

J’ai aussi eu le droit à des questionnements : « On fait quoi si ça nous arrive ? » Je n’ai pas trop de réponses à ça, juste des propositions pas toujours réalisables, comme se cacher du mieux qu’on peut, surtout mettre le téléphone en SILENCIEUX parce que le vibreur ça s’entend.

L’autre partie, ce n’était pas la même chose, ils avaient déjà parlé le matin, mais à peine installé j’ai eu le droit à « Mme, que pensez-vous de ce qu’il s’est passé vendredi soir ? Vous devez répondre, on nous a dit qu’on pouvait en parler si on voulait et que vous avez pas le droit de dire non. » J’ai répondu en racontant ma soirée de vendredi, ma matinée de samedi, ce que je pensais. On a partagé autour de ça. Je me suis servie de camarades de classe étant émigrée que nous vivons des choses, qu’on en parle mais qu’après il ne faudra pas oublier de penser aux autres pays aussi qui se retrouvent confronté aux attentats, que l’étranger est présent actuellement pour nous, mais que tout n’est pas réciproque.

Mais globalement, la journée s’est bien déroulée, j’ai des élèves que j’avais déjà lors des évènements de Janvier avec Charlie Hebdo, qui du coup sont beaucoup plus touchés du fait que cela touche n’importe qui. Je n’ai pas été formée lors de mon master où même mon année de stagiaire à gérer ces situations, mais je fais du mieux que je peux. Je n’ai pas toujours de réponse à leurs donner, mais j’espère, faire passer certaines choses à mes élèves pour qu’ils évoluent dans le bon sens (Exemple : « -Mme, si on va a Paris, je met le fusil dans la valise mais démonté ! – Non non tu le laisses chez toi, et si on y va pour la journée, tu n’auras pas de valise. – Ben je le met dans les chaussettes. – Toujours pas, tu n’as pas à te promener avec cela sur toi. » Je serais même prête à le fouiller avant de monter dans le bus pour être sur qu’il n’a rien sur lui)

On verra par la suite comment cela évolue.